Est-ce que ça vous intéresse ce qu’il y a dans mon sac de photo?
Peut-être?

Bon, pour commencer j’me suis acheté un nouveau sac.
J’vais au Cégep en photo, on s’entend que j’n'ai pas besoins de gros cartables de fou.

Un carnet de notes, une couple de stylos et un disque dur.
Et une caméra.

Donc j’me suis acheté un plus petit sac, paddé cette fois-ci. Très "classy".
Parfait pour photographier un peu partout sans trop avoir l’air d’un étudiant drogué en socio révolutionnaire fan de Khadir.

Donc voici mon sac pour me fondre dans la masse: un ThinkTank Retrospective 5, en noir. Retrospective 5J’aime le genre de canvas en quoi il est fait… Et la genre de courroie pour le trimballer a un genre de pad avec du silicone en dessous pour pas que ça glisse.
Génial.
C’est genre des pneus d’hivers pour mon manteau.
Bon, le contenu de mon sac.16012013-_DSC1447Je shoot une Leica M6 parce que j’suis con et j’préfère le transport en commun et avoir une caméra qui vaut beaucoup trop d’argent à avoir un char.

Non mais sérieux… C’est pas pour tout le monde un rangefinder… mais si c’est pour toi…
L’appel de l’Allemagne est trop fort.

À droite mon Jupiter-3 / copie de Zeiss Sonnar 50 1.5, sur la caméra un Voigtlander Nokton Classic 35mm 1.4 Single Coated et à gauche un autre Jupiter, un 8 celui-là, 50 2.0 / copie de Sonnar aussi.

J’aime les objectifs avec une signature "old school".

Prochaine lens: un Summilux Pre-Asph 50 1.4.

Un chausson avec ça.

Comme films je shoot du Rollei/Agfa Retro 80S en noir et blanc et du Kodak Tri-X 400.
Le Retro est super le fun à travailler avec, un grain ultra fin, parfait pour le portrait.
Le Tri-X est plein de grain, les noirs sont noirs et y’a plein de détails dans les highlights.
Une film pour l’action et les régions sombres de ce monde.

Pour la couleur j’ai ici du Kodak Portra 160. Grain fin, parfait pour le… portrait.
ISO 160 quand t’as des objectifs 1.4 et 1.5 ça va très bien, même pour l’action.

J’ai shooté avec du 160 tout un aprem en fin de semaine dans un Costco pour un projet personnel…
Ça va très bien.

Y’a aussi un rouleau de Fuji Sensia 100 que je garde pour une session de portrait ou quelque chose comme ça.

2 stylos faits au Japon, des Uniball je sais pas quoi, supers bons. Un agenda Letts of London.

Un sofa des années 70 qui appartenait à mon grand-père et qui trône maintenant dans ma chambre.

Tout ce kit là est vraiment compact, léger et polyvalent. On exclu le sofa là.

Alors c’est ça mon kit du moment. J’espère vous avez trouvé ça intéressant.

Je vous reviens avec mon projet en cours quand.. y sera pu en cours.

Salut à tout le monde,

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière

J’ai comme un faible pour les caméras purement mécaniques.
Pas juste un faible.

Pas d’autofocus.
Y’a un levier pour faire avancer le film.
Y’a même pas de fucking A-Priority.

Mais y’a pas de batteries non plus.
En tous cas, la caméra fonctionne sans.

C’est le mouvement du levier qui donne l’énergie à la caméra.

Tout ça dans ton pouce.

1/1000 de seconde.

C’est fiable ces caméras là.
La preuve: elles ont 50 ans et elles fonctionne encore.
Elle fonctionnera dans 50 ans.

J’aime les caméras qui durent plus longtemps que ceux qui les achètent.
Que ceux qui les fabriquent.

Par exemple mon vieux Kiev 4am.
Un rangefinder. Un Contax II moins cher.
Tellement solide qu’ils s’en servaient in Mother Russia pour caler les roues dans tanks.
Ceux que la transmission se changeait à coups de marteaux.
Marteaux au pluriel parce que y’étaient solide en jésus leurs transmissions.

Par exemple mon Olympus OM-3.
Un exemple.
Un spotmeter dans une caméra complètement mécanique.
Okay, le spotmeter fonctionne pas quand y’a pas de batteries.
Mais la caméra va continuer à prendre des photos.

Et mon Leica M6 Classic.
Mon dernier bébé.
Mon Graal que je poursuis depuis plus d’un an.
Une beauté. Un classique.

Une caméra mécanique shoot.
Et re-shoot.
À l’infini.

Une caméra mécanique n’interfère pas avec toi.
C’est toi qui la contrôle. Pas elle.

Alors comment on fait pour shooter avec une caméra manuelle efficacement?

Voici ma technique.
J’vous la donne.
Pour vous convaincre d’essayer.
Pour montrer que c’est pas compliqué.

Voici la technique avec une caméra sans lightmeter comme une Kiev 4: Sunny 16.

Voici la règle: mets un film dans ta caméra.
Avant de mettre le film dedans, vérifie l’ISO.
Disons que c’est un ISO 400.

Règle ta vitesse à celle qui ressemble le plus à l’ISO de ton film.
Ici ce serait 1/500. Si le film était ISO 100: 1/125.

Ensuite, regarde par terre.
Si les ombres sont bien définies: F/16.
Si les ombres ont des contours flous: F/11.
Si y’a pas d’ombre: F/8.
Si y fait encore plus sombre: F/5.6.
Si c’est la fin de la journée, coucher de soleil: F/4.

Voici ton point de départ.
Là, tu vas optimiser ton ouverture et ta vitesse pour ce que tu veux faire.
La plupart du temps, je m’arrange pour avoir F/8 pour avoir pas pire de profondeur mais pas avoir non plus un fond clair à l’infini.
Donc tu vas jouer avec tes settings.

Par exemple, si je suis à 1/500 et F/5.6, je vais aller à 1/250 et F/8.
Simple comme bonjour.

J’ajuste ensuite ma vitesse ou mon ouverture en fonction que je photographie une scène à l’ombre, normale ou claire.
Les infos là dessus sont à la fin de la technique 2.

Voici la technique avec une caméra mécanique avec lightmeter intégré comme un Leica M6.

La chose à comprendre, c’est qu’exposer c’est comme au billard.
Au billard, avant de tirer, on dit quelle boule on envoie dans quel trou.
Si on manque, c’est là qu’on a mal tiré.
C’est pas: ha bon, t’as été chanceux!

C’est: merde, tu sais viser.

Alors qu’est-ce que c’est que de bien exposer?
Un meter te donne la lecture du medium gray.

La question c’est: qu’est-ce que tu veux en medium gray.

Simple.

Tu veux que ce soit le chapeau de madame? fine.
L’asphalte? fine.

Faut faire attention. Faut faire attention à curve.

Parce que sur du film, la curve est déjà placé. En fait on la place en développant, tu comprends là…

Donc plus ça s’éloigne du medium gray, plus les niveaux de gris se compressent.
Super simple.

Donc c’est beau de choisir c’est quoi le medium gray, mais faut savoir qu’est-ce qu’on fait.
Donc on choisi ce qu’on veut avec le plus de teintes dedans.
Ou ce qu’on veut blanc. Ou ce qu’on veut noir.
Le mieux c’est choisir les 3.

C’est l’artiste-photographe qui décide de l’exposition. Pas la scène.

En tous cas la première chose à faire c’est de déterminer l’exposition en fonction de ce qu’on veut faire et de la lumière qu’on a.

Donc mettons nous en contexte.

Je suis devant une église.
Devant l’église, il y a de l’ombre et des places au soleil.

Je vais promener mon regard avec la caméra devant mon œil.
Ça va varier d’à peu près 3-4 stops.
Sombre. Normal. Clair.

Donc mettons que j’ai F/8 – 1/250 en moyenne.

Je vais setter ma caméra à ces settings là. Logique.

Si je vois quelque chose à l’ombre, je vais m’approcher et en même temps de lever mon Leica, je vais descendre avec mon index à 1/125 et sans même regarder ma caméra.
Et je vais composer et tirer. Thwaaap.

Si c’est au gros soleil, même chose, 1/500.

Tu dois connaître ta caméra PAR COEUR. Point.
Les caméras les plus facile à apprivoiser c’est les mécaniques.
Surprenant?

Non.

Une caméra mécanique a 3 ajustements.
Ouverture. Vitesse. Focus.

Apprends où ils sont. Apprends dans quels sens ils tournent.
Mets toi un bandeau sur tes yeux et joue avec.

Une caméra électronique a le exposure comp, l’auto-focus, les 200 menus incompréhensibles pour les digitales, etc etc…

A-Priority c’est cool, mais j’me ramasse souvent avec des corrections que la caméra croit bonne pour moi et qui me font damner.

Merde, si je suis à F1.4 1/30, je peux faire la photo même si j’suis un stop sous-ex. Le négatif va très bien s’imprimer.
Mais si la caméra choisi pour moi 1/15, y’a pas mal de chances que ça va être flou.
Mais le MEDIUM GRAY!
J’m'en calice du medium gray.
J’veux la scène. Assez claire s’il-vous-plait.

J’ai vendu le Minolta CLE pour acheter un Leica M6.
Parce que le CLE est moins solide et meurt quand les batteries meurent.
Le M6 est invincible. Et le M6 a un meter, mais il n’interfère JAMAIS avec moi.
Jamais.

Comme le Kiev. Comme mon OM-3.

C’est plus rapide shooter une caméra manuelle.
C’est plus simple surtout.
Tout est setté d’avance comme tu l’as décidé, tu n’as qu’à composer et tirer.

C’est ce qui fonctionne le mieux pour moi.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière.

J’ai commencé en argentique en pleine ère numérique parce que c’était juste moins cher.

Relativisons.

Un Nikon D5100 vaut au moins 1000$ si on le jumèle à un pas si pire zoom (le 18-105 que j’ai…).
Un jouet en plastique, même avec tout le hipe autour de Lomo, vaut 50$ max.
Pi on s’entend que l’esthétique des lentilles en plastique et du cross-process est un truc assez « unique ». Pour un gars qui sait pas qu’il est hipster à Joliette.

Pour le gars du Plateau…
Le Plateau, c’est le Plateau.

Donc j’m’étais mis dans la tête que Lomo was the way to go.

Et mon père de me dire: « Dépense pas pour ça, j’en ai un 35mm » en me donnant son vieux réflex gardé dans son garde-robe depuis 30 ans.

Y m’a toughé une semaine.
Après ça il crachait du métal.

Mais j’m’étais mis dans la tête que j’allais apprendre à prendre des photos.

J’me suis acheté un Minolta X-370 avec un 50mm 1.8. À peu près 50$, ajoute le shipping. J’étais parti pour la gloire.

Et là j’suis là, à shooter sur la rue, à avoir une dizaine de caméras un peu partout chez moi et déterminé à devenir pro.

En tout, j’ai à peu près dépensé autant en numérique que pour le film.

Mais j’ai un DSLR et un Mac.
J’ai une dizaine de caméras argentique, plusieurs de collection.

Et je n’ai jamais eu autant de fun dans ma vie.

Tout pour dire que commencer à shooter, c’est tellement plus accessible en argentique.

J’ai commencé à shooter avec du bon équipement plus tôt.

J’ai appris c’est quoi le contraste, l’exposition, comment être constant en chambre noire, les doigts et les poumons pleins de belle soupe.

C’est romantique tout ça.
Vraiment.

C’est rare que t’as une relation personnelle avec ton APS-C.
Avec mon Konica Autoreflex T que mon grand-père s’était acheté chez Lozeau il y a 50 ans, j’en ai une. Avec mon Olympus OM-3 j’en ai une. Avec mes vieux appareils russes j’en ai une.

L’argentique c’est romantique et ça coute pas cher.

Un peu comme une sortie au cinéma.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière.

Je ne suis pas une machine.

Aujourd’hui, tout va vite.
Trop vite.

Chacun sa façon de faire les choses, mais j’aime prendre mon temps.
Avec le monde qui tourne autour, ça me fait du bien que de m’isoler dans mon petit labo quelques heures et agrandir deux ou trois photos.

Réfléchir.
Méditer.

Trouver mon but comme photographe.

Pratiquer mon artisanat.
Mes colliers en nouilles de Kraft Dinner.

Au Cégep on a du rencontrer un photographe.
Un vrai.

On a rencontré un photographe de presse.
Un vrai.

Dans le temps il prenait 18 minutes pour développer ET imprimer ses photographies.
Ça m’en prend trente pour développer 2 rouleaux, 1 heure pour imprimer une photo.

C’est sûr qu’il est passé au digital dès que c’est sorti.
C’est plus rapide. La presse, c’est de l’information.
Ça doit circuler.

Comme pour les passant quand un piéton se fait frapper par un char.
Circulez.

Pour lui, l’important c’est de communiquer. Le plus rapidement possible.

Je ne suis pas pressé.

J’aime être dans le moment présent.

J’aime prendre une photo et ne pas avoir d’écran derrière ma caméra.
J’aime profiter de la vie.

J’aime la pureté du moment.

C’est ce que je m’efforce à photographier.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière

En quel honneur me fais-je chier à attendre une semaine avant de voir mes photos?
Pourquoi dois-je me brûler les poumons au cyanure pour vraiment me sentir bien?
Pour quelle religion dois-je me limiter aux 36 poses du rouleau de ma caméra? Pour quel dieu dois-je économiser mes clicks?

Est-ce que par le sacrifice de la rapidité sur l’autel du film l’on m’octroie une meilleure vision?

Certainement pas. Depuis que j’ai commencé à shooter ma vision a diminué d’au moins 1 ou 2 points.

Mais de quoi parle-t-on exactement quand on parle de vision?

On a tous des yeux. Ça c’est clair.
Je parle aux photographes. Pourquoi me liseriez-vous si vous ne l’étiez pas?
Pourquoi seriez-vous photographes si vous n’auriez pas d’yeux?
Vous seriez sûrement écrivain, peintre abstrait ou vous monteriez des voitures au Mexique…

Donc on a tous des yeux.
Et on sait tous s’en servir.

Mais pas toujours bien.

Alors comment peut-on apprendre à bien se servir de ses yeux?
Avec l’argentique.

En effet, être près des sels d’argent nous confère une certaine bénédictions des énergies de la nature et augmente notre chance.

L’argentique permet en plus de se ralentir. De RÉ-FLÉ-CHIR.

En numérique, est-ce que ça te fait mal que de gaspiller une shot?
Non. Ma carte de 16gig peut prendre 666 photos RAW de mon D5100.
Et je peux les supprimer à ma guise.

Mais en argentique, je ne peut pas prendre 666 photos comme ça en une heure.
Premièrement, ça me couterait une fortune de films.
Deuxièmement, je n’aurais plus de vie à force d’être dans la chambre noire.
Et troisièmement, mes films, je suis pris avec eux.

Et oui. Je suis pris avec eux.

Chaque fois que je passe dans mon cartable, je les vois mes shots.
Je vois mes planches contact.
Je vois à quel point je peux faire des photos de merde.
Vraiment. Et ça, ça te tombe sur le coeur.
Tu ne vas toujours bien pas mettre aux poubelles tes négatifs!
Sacrilège.

On parle de religion, tu t’en rappelles?

Tu vas alors commencer à te concentrer un peu une fois sur la rue.
Tu vas trouver les bonnes shots.
Tu vas faire en sorte que le moins possible tu aies un petit mal de cœur après avoir développé tes photos.
Ou après les avoir reçu de chez Lozeau.

Tu vas apprendre à devenir un meilleur photographe en prenant de meilleures photographies.

Tout simplement.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière.

Et parfois, même réussir, c’est pas assez.

Il y a des jours où tout m’irrite.
Le monde qui conduit mal. Même si je suis juste passager.
Les clients psychopathes là où je travaille.
Les niaiseries sur Facebook.

Et il y a ceux qui upload chacune de leurs maudites images.

Sans éditer.

Quand je parle d’éditer, je parle pas de Photoshopper.
Photoshop ne sert pas à rendre une mauvaise photo bonne.
Même pas acceptable.
À mon sens, ça sert à corriger les défauts des scanners.
Le contraste et la luminosité quoi.
Des trucs que je fais en chambre noire.

Quand je parle d’éditer, je parle de choisir ses photographies.
C’est pareil pour n’importe quoi.
De passer d’une centaine d’images et de finir avec dix.
La quintessence de ton travail quoi.

Ça vous donne quoi de me montrer 500 photos si pour les trois quarts d’entre elles je clique sur "next" à une vitesse plus rapide que celles que j’utilise pour exposer mes photos?
Ça donne 1/250 de seconde ça.

Plus ou moins.

Et je suis généreux avec les trois quarts.

Souvent, pour cent photos que je vois sur internet, il y en a 3 qui m’interpellent réellement.

Dans un rouleau de film, j’en ai souvent que deux ou trois que j’aime beaucoup.
Mes rouleaux de film ont 24 poses.
À peu près.

Ensuite, il reste à agrandir, à scanner, à arranger les défauts du scanner, à téléverser sur le Portfolio.

Le plus cool là dedans, à part prendre la photo, c’est agrandir.
Le reste c’est un peu chiant.
C’est le prix à payer pour avoir du fun pour de vrai.
Avec du film.
Au moins, ajuster la luminosité avec Photoshop, ça prend dix secondes.

Héhéhé.

Ça me donne un magnifique portfolio de trois photos.

Toujours mieux que mille photos de merde avec trois bonne photos camouflées au travers.

Au moins, moi je les aime, mes trois photos.

Inquiétez-vous pas, je commence à agrandir plus.
Reste à économiser un peu pour une boîte de cent feuilles de papier argentique 11"x14".
C’est que c’est pas donné.
Prochaine paye.

Mais j’adore ça.
Vraiment.

Et c’est tellement mieux une image sur du papier que sur un écran.

Même si j’ai un iMac.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière

Si tu suis ces 5 étapes faciles, tu te sentiras important et aimé.

  1. Achète-toi un Nikon. Le plus cher que tu peux t’offrir. Ça et un objectif zoom très cheap.
  2. Si tu n’as pas les moyens, télécharge Instagram. C’est gratuit. Ha merde, il te faut le dernier iPod avec une caméra. 300$.
  3. Tu dois te créer une page Facebook. C’est comme ça qu’on a du succès. Même si tu n’as que des photos de merde à proposer, ta famille et tes amis se la partageront et tu te sentiras important avec tous tes likes.
  4. Prends 2-3 photos d’une de tes amies. C’est très important que ce soit une belle fille, mais pas trop parce que tu veux que les gars viennent sur ta page pour la regarder et tu ne veux pas que les filles la traite de salope.
  5. Propose à tout le monde de faire des "photoshoots" super clichés. Une version piratée de Photoshop est un must pour prendre de bonnes photos.

Te voilà maintenant un photographe.

Bravo.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière

 

P.s. Désolé pour le petit article satirique, je suis juste excédé de tous les articles dans ce genre là sur internet… Devenir photographe, ça prend plus que ça. Ça prend de la pratique, de la passion et de la patience, beaucoup de patience. C’est écrit photographe tout en haut de mon site, mais j’apprends tous les jours. Même quand je n’ai pas de caméra sur moi. Arrêtez de penser que tout tombe du ciel comme ça. Tu n’as pas besoins de tout, tout de suite et maintenant. Si tu continus comme ça, tu seras un éternel malheureux incompris.

Je suis photographe de rue.
Je suis discret.
J’essaie en tous cas.

"Avoir du tact c’est savoir jusqu’où on peut aller trop loin." – Jean Cocteau

Je ne sais pas qui est Jean Cocteau.
Mais je sais que d’après lui j’ai du tact.

Parfois je suis trop direct.
Sur la rue et un peu partout.

Parfois je m’efface.

C’est la vie.

Je prends. Je capture les instants.
En public.

La Street Photography a été bâti par les maîtres du genre.
Cartier-Bresson, Elliot Erwitt, etc.

C’est d’arrêter le temps.
C’est raconter une histoire.
C’est transporter.
C’est de l’art.
C’est en noir et blanc.
C’est sur du film.
C’est fait avec une caméra compacte.
Sur laquelle on peut se fier.
Un Rangefinder.

Il y en a qui vont me crier des noms, m’insulter.
"Encore un vendu à Leica!"

On me dit ça pour mon iMac en tous cas.
"T’es socialiste et t’achètes un ordi Apple!"
J’aime la souris.

Je n’ai pas les moyens pour un Leica.
En tous cas, pas un neuf. J’aimerais en avoir un.
Leica c’est la perfection.

Moi j’ai un Minolta CLE.
Compact Leica Electronic.

C’est un rangefinder.
Contrôle total. Un lightmeter génial.
À la fin, c’est moi qui décide. Qui réfléchi.
Pas ma caméra.
Je ne sais même pas ce que c’est un mode scène.
L’autofocus finit toujours par me faire sacrer.

Je suis capable de prendre des images avec mon obturateur à un quart de seconde et même à une demi seconde.
À des niveaux de noirceur que n’importe quel utilisateur de Réflex aurait besoins d’un trépied.
Parce que je n’ai pas de miroir qui fait vibrer la caméra.

J’ai un grand viseur.
Avec des lignes pour me dire quel est mon champs de vision.
Un viseur grandiose. Une fenêtre sur le monde.

Je vois mes photographies pendant l’exposition.
Mon viseur de ne devient pas noir pendant la photo.
Je sais si j’ai réussi ou pas. Je le sens.
C’est dans mes tripes.

Je vois les gens entrer et sortir de mes photographies.
Tout est dans l’expérience de voir.

C’est une révélation.

Mes objectifs sont compacts.
Mon équipement est minuscule.

Une caméra, un objectif.
Un sac avec mes trucs que je garde toujours près de moi.
Mon carnet, deux ou trois stylos, un livre et des rouleaux de film.

Plusieurs rouleaux.
Noir et blanc.
Du Kodak Tri-X si ça vous intéresses.

Et il y a moi.

Un photographe, son âme et une caméra.

Discret, mais exposé.
Seul dans la fosse aux lions.
Parfois j’ai la chienne.

Je suis heureux.

J’essaie de faire de l’art.
D’est "Visual Poems" – John Free.

En passant, respecte toujours ceux que tu prends en photo.
Aime ce que tu photographies.

Personne ne sera au courant.
Personne n’est à ta place.

Mais tes images seront toujours mieux si tu aimes ton sujet.

Le but de la photographie de rue n’est pas d’humilier les autres.
Le but, c’est de transporter.

Je crois sincèrement que ça a été une erreur pour l’humanité d’avoir foutu des caméras qui peuvent prendre des photos à l’infini, sans limites, dans les téléphones et dans les iPods. En plus de ça on peut les envoyer à des millions de gens en moins d’une seconde.
Combien ont été humiliés à cause de ces bébelles là?
Certains en sont mort.
Pas tous, il y en a qui sont juste malchanceux et on a fait des drôles d’associations.
Mais certains sont morts.

On veut véhiculer une émotion, merde.
Pas rire des autres.

En plus la qualité de ces caméras là me fait vomir.
Je préfère une Holga, toute en plastique, même l’objectif, qu’un cellulaire.
Bon dieu. Au moins la Holga a du charme.
Le cell a des pixels.

Une photo peut faire sourire.
Mais parfois ça me donne mal au coeur, ceux qui prennent en photo des gens maganés.

Sans compassion.

Les couleurs sont distrayantes.
Je vois en couleur.
Je veux être transporté.
Je ne veux pas voir ce que je vois toujours.
On voit tous les couleurs de façon différente.

Pas que l’on soit tous daltoniens.
Eux ils sont pires.
Mais mon pourpre de terre grasse est différent du tiens.

On voit tous les niveaux de gris de la même façon.

La photo de rue est en noir et blanc.
Ça nous met sur un pied d’égalité.

Et c’est plus poétique.

Et ça avec un appareil silencieux, petit et discret.
Pour ne pas influencer.

Un Rangefinder.

Je sais que je suis chiant avec mes rangefinders.
Si vous ne me comprenez pas, c’est que vous n’avez jamais vraiment essayé.

Un réflex, c’est bon pour le studio, les zooms, les portraits dirigés, le sport et les fleurs.
On a déjà parlé des fleurs et des coccinelles.

On n’utilise pas de zoom sur la rue.
Les télescopes, c’est pour les étoiles.
Parce qu’elle ne sont pas accessibles.
On se brûlerait si on était trop près.

On utilise un 35mm ou un 50mm sur la rue.
Un 40mm si on a le bon appareil pour.
C’est au choix. Certains y vont avec des grands angles.
Pas trop par pitié. On photographie des gens, pas des édifices.
Je n’aime pas les photos déformées.
Vous aimeriez vraiment avoir un gros nez sur une photo?

On utilise des objectifs standards.
Polyvalents.
Des objectifs qui nous jettent au milieu de l’action.
Monté sur un rangefinder.

Robert Capa a été sur le front avec des focales courtes comme ça.
Et tu as peur d’aller vers des inconnus dans un pays où le port d’arme est interdit?

Fais moi rire.

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière

Je déteste écrire à l’ordinateur.
Je n’ai pas d’inspiration et je fais plein de fautes.
C’est pour ça que j’ai un carnet.
Un Rhodia.

Ou au moins du papier opaque.
Par pitié.

Un carnet, un dans lequel on peut écrire de vrais textes, ça ne rentre pas dans une poche.
En tous cas, pas dans celles de mes jeans.

C’est pour ça qu’il te faut un sac.

Pour le carnet et… d’autres trucs.
De la substance.

C’est quoi un bon sac?

Prio, pour moi ce doit être un sac style messager.
Tu ne veux pas avoir à enlever ton sac à dos pour fouiller dedans au moment où tu vois la photo parfaite se placer devant toi.

Au nombre de fois que le "Moment Décisif" arrive, tu ne veux pas le rater.
Il n’attendra pas après toi.

Comme l’autobus.
Mais en plus chien.
L’autobus a un horaire lui.

Tu n’as juste pas le temps d’utiliser un sac à dos.
Je suis photographe de rue en passant.

Si tu prends des photos de fleurs avec des coccinelles dessus, traines ta malle Louis Vuitton si ça te tente.
Si au moins tu prenais des photos de colibris. Ça bouge vite, un colibris.
Ça ne te hurle pas par la tête des menaces de morts, mais tout de même, il y a du challenge.
Des coccinelles. C’est juste un peu plus heavy que de photographier des chenilles.

Bon dieu, des chenilles.

Sur la rue, tout va vite.
Et tu dois être plus rapide que le tout.
Jhon Free a souvent dit dans ses vidéos: "Photographing at the speed of life."

C’est la Street Photography.
"Documenting the human condition." – Chris Weeks

Tout pour dire que tu veux un sac messager.
Facile d’accès.

Et tu le veux petit.
Parce que tu ne traînes pas beaucoup d’équipement.
On verra l’équipement dans un autre billet.

Je m’entraîne là.

Enfin, tu veux un sac joli et par pitié, il ne doit surtout pas crier:
"JE SUIS PHOTOGRAPHE!!!".
Merde, tu veux pas avoir l’air d’un photographe.
Tu veux passer incognito.
Invisible.

L’image au début du billet, c’est mon sac à moi.
Avec tout son contenu éparpillé.
Oui, j’ai essayé de passer sur Japan Camera Hunter.
Mais je n’ai pas de Leica, moi. Ça doit être pour ça que je n’ai pas passé.
J’ai un peu mieux comme équipement ;)

Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière

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