J’ai comme un faible pour les caméras purement mécaniques.
Pas juste un faible.
Pas d’autofocus.
Y’a un levier pour faire avancer le film.
Y’a même pas de fucking A-Priority.
Mais y’a pas de batteries non plus.
En tous cas, la caméra fonctionne sans.
C’est le mouvement du levier qui donne l’énergie à la caméra.
Tout ça dans ton pouce.
1/1000 de seconde.
C’est fiable ces caméras là.
La preuve: elles ont 50 ans et elles fonctionne encore.
Elle fonctionnera dans 50 ans.
J’aime les caméras qui durent plus longtemps que ceux qui les achètent.
Que ceux qui les fabriquent.
Par exemple mon vieux Kiev 4am.
Un rangefinder. Un Contax II moins cher.
Tellement solide qu’ils s’en servaient in Mother Russia pour caler les roues dans tanks.
Ceux que la transmission se changeait à coups de marteaux.
Marteaux au pluriel parce que y’étaient solide en jésus leurs transmissions.
Par exemple mon Olympus OM-3.
Un exemple.
Un spotmeter dans une caméra complètement mécanique.
Okay, le spotmeter fonctionne pas quand y’a pas de batteries.
Mais la caméra va continuer à prendre des photos.
Et mon Leica M6 Classic.
Mon dernier bébé.
Mon Graal que je poursuis depuis plus d’un an.
Une beauté. Un classique.
Une caméra mécanique shoot.
Et re-shoot.
À l’infini.
Une caméra mécanique n’interfère pas avec toi.
C’est toi qui la contrôle. Pas elle.
Alors comment on fait pour shooter avec une caméra manuelle efficacement?
Voici ma technique.
J’vous la donne.
Pour vous convaincre d’essayer.
Pour montrer que c’est pas compliqué.
Voici la technique avec une caméra sans lightmeter comme une Kiev 4: Sunny 16.
Voici la règle: mets un film dans ta caméra.
Avant de mettre le film dedans, vérifie l’ISO.
Disons que c’est un ISO 400.
Règle ta vitesse à celle qui ressemble le plus à l’ISO de ton film.
Ici ce serait 1/500. Si le film était ISO 100: 1/125.
Ensuite, regarde par terre.
Si les ombres sont bien définies: F/16.
Si les ombres ont des contours flous: F/11.
Si y’a pas d’ombre: F/8.
Si y fait encore plus sombre: F/5.6.
Si c’est la fin de la journée, coucher de soleil: F/4.
Voici ton point de départ.
Là, tu vas optimiser ton ouverture et ta vitesse pour ce que tu veux faire.
La plupart du temps, je m’arrange pour avoir F/8 pour avoir pas pire de profondeur mais pas avoir non plus un fond clair à l’infini.
Donc tu vas jouer avec tes settings.
Par exemple, si je suis à 1/500 et F/5.6, je vais aller à 1/250 et F/8.
Simple comme bonjour.
J’ajuste ensuite ma vitesse ou mon ouverture en fonction que je photographie une scène à l’ombre, normale ou claire.
Les infos là dessus sont à la fin de la technique 2.
Voici la technique avec une caméra mécanique avec lightmeter intégré comme un Leica M6.
La chose à comprendre, c’est qu’exposer c’est comme au billard.
Au billard, avant de tirer, on dit quelle boule on envoie dans quel trou.
Si on manque, c’est là qu’on a mal tiré.
C’est pas: ha bon, t’as été chanceux!
C’est: merde, tu sais viser.
Alors qu’est-ce que c’est que de bien exposer?
Un meter te donne la lecture du medium gray.
La question c’est: qu’est-ce que tu veux en medium gray.
Simple.
Tu veux que ce soit le chapeau de madame? fine.
L’asphalte? fine.
Faut faire attention. Faut faire attention à curve.
Parce que sur du film, la curve est déjà placé. En fait on la place en développant, tu comprends là…
Donc plus ça s’éloigne du medium gray, plus les niveaux de gris se compressent.
Super simple.
Donc c’est beau de choisir c’est quoi le medium gray, mais faut savoir qu’est-ce qu’on fait.
Donc on choisi ce qu’on veut avec le plus de teintes dedans.
Ou ce qu’on veut blanc. Ou ce qu’on veut noir.
Le mieux c’est choisir les 3.
C’est l’artiste-photographe qui décide de l’exposition. Pas la scène.
En tous cas la première chose à faire c’est de déterminer l’exposition en fonction de ce qu’on veut faire et de la lumière qu’on a.
Donc mettons nous en contexte.
Je suis devant une église.
Devant l’église, il y a de l’ombre et des places au soleil.
Je vais promener mon regard avec la caméra devant mon œil.
Ça va varier d’à peu près 3-4 stops.
Sombre. Normal. Clair.
Donc mettons que j’ai F/8 – 1/250 en moyenne.
Je vais setter ma caméra à ces settings là. Logique.
Si je vois quelque chose à l’ombre, je vais m’approcher et en même temps de lever mon Leica, je vais descendre avec mon index à 1/125 et sans même regarder ma caméra.
Et je vais composer et tirer. Thwaaap.
Si c’est au gros soleil, même chose, 1/500.
Tu dois connaître ta caméra PAR COEUR. Point.
Les caméras les plus facile à apprivoiser c’est les mécaniques.
Surprenant?
Non.
Une caméra mécanique a 3 ajustements.
Ouverture. Vitesse. Focus.
Apprends où ils sont. Apprends dans quels sens ils tournent.
Mets toi un bandeau sur tes yeux et joue avec.
Une caméra électronique a le exposure comp, l’auto-focus, les 200 menus incompréhensibles pour les digitales, etc etc…
A-Priority c’est cool, mais j’me ramasse souvent avec des corrections que la caméra croit bonne pour moi et qui me font damner.
Merde, si je suis à F1.4 1/30, je peux faire la photo même si j’suis un stop sous-ex. Le négatif va très bien s’imprimer.
Mais si la caméra choisi pour moi 1/15, y’a pas mal de chances que ça va être flou.
Mais le MEDIUM GRAY!
J’m'en calice du medium gray.
J’veux la scène. Assez claire s’il-vous-plait.
J’ai vendu le Minolta CLE pour acheter un Leica M6.
Parce que le CLE est moins solide et meurt quand les batteries meurent.
Le M6 est invincible. Et le M6 a un meter, mais il n’interfère JAMAIS avec moi.
Jamais.
Comme le Kiev. Comme mon OM-3.
C’est plus rapide shooter une caméra manuelle.
C’est plus simple surtout.
Tout est setté d’avance comme tu l’as décidé, tu n’as qu’à composer et tirer.
C’est ce qui fonctionne le mieux pour moi.
Olivier Sylvestre, le Chat de Gouttière.
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